Robert Tatin, (9 janvier 1902, Laval - 16 décembre 1983, Cossé-le-Vivien) est un artiste français.
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Origine
Dans son quartier de l'Épine, il vit à côté des plus pauvres. Il en garde le sens de l'action désintéressée et de la solidarité avec les plus démunis. Sa jeunesse est scandée par les fanfares et les éclats du cirque. Il y forge son goût pour le clinquant, le verbe haut et fort, le paraître et la façon de. Ce n'est pas à l'école qu'il puise ses connaissances car il y fait un passage plus que rapide. Il les acquiert d'abord comme simple tâcheron chez le père Baglin, en face de l'église Saint-Vénérand à Laval.
Le voyage
Mais surtout, Robert Tatin est un homme de la route. Après un séjour de quatre années à Paris, de 1918 à 1922, où il fréquente les artistes du Bateau-Lavoir, il parcourt le pays comme compagnon du Tour de France. Puis, il va à Rome, en Sardaigne, en Suisse et en Corse. En 1951 et pour cinq ans, c'est l'Amérique du Sud, le Brésil, le Chili et la Terre de Feu. De ses innombrables voyages, il retire une densité humaine, une philosophie et une extraordinaire qualité artistique.
Parcours artistique
Il a eu un parcours singulier : peintre et sculpteur, il commence à être reconnu dans ce domaine (médaille d'or à la biennale de São Paulo, Brésil, en 1956 pour ses sculptures ; premier prix de la critique à Paris en 1961) et pourtant, il se réfugie à Cossé-le-Vivien pour y bâtir son musée, reconnu comme tel en 1969 par André Malraux.
La Frénouse
Il a choisi le bocage mayennais avec sa femme Lise pour réaliser luvre daboutissement de sa carrière et de sa vie : l'Etrange musée de Robert Tatin en la Frénouse à Cossé-le-Vivien, inauguré un peu plus tard par André Malraux. Cest une immense sculpture dédiée à lHumanité avec lAllée des Géants, larchitecture ornée de reliefs, les salles de dessins, peintures et céramiques. Lartiste y mêle symboles universels et poésie pour nous livrer sa pensée sur lhistoire du monde. Amoureux des cathédrales, Tatin réalise une uvre monumentale, une architecture sculptée qui abrite les céramiques, dessins, peintures de ce même artiste, et qui voisinent avec dautres créations comme le vêtement.
Il a connu et cotoyé les plus grands de la peinture contemporaine : Picasso, Chagall, Buffet. Otto Hahn, critique artistique notamment à L'Express a écrit de nombreux articles sur Robert Tatin.[1]
Musée Robert Tatin
Musée Robert Tatin, La Frénouse, Cossé-le-Vivien
« La Fleur », une statue géante, avait été cassée par un camion en 1976. Tatin l'avait alors détruite puis avait donné la tête à un de ses amis, qui vient de la rendre au musée où elle est aujourd'hui exposée. À l'extérieur, le champ de sculptures contemporaines s'est enrichi d'une uvre offerte par l'artiste Bernadette Nel, qui expose aussi dans la salle temporaire.
Publications
Articles connexes
Bibliographie
- Robert Tatin. Paris, Librairie Charpentier, 1960. de Pierre Gueguen, et Henry Galy-Carles ;
-
Catalogue de lexposition Robert Tatin de mai à juin 1968, à la
Galerie de lUniversité à
Paris ;
-
Etrange musée, Robert Tatin en Frénouse à Cossé-le-Vivien, Mayenne. Librairie Charpentier
1977. Ecriture par Robert Tatin. Preface de Otto Hahn ;
-
L'étrange domaine de Robert Tatin. Simoën,
1977. Richard Jandelle et Brigitte Jandelle ;
-
L'univers de Robert Tatin. Groupe Célestin Freinet.
1983.
Filmographie
Cinq films ont été tournés sur Robert Tatin :
Notes et références
- ↑ Voici ce qu'il dit dans la préface du livre de Tatin :« Etrange Musée » paru en 1977.: « Mystique ou autodidacte, qui est ce Tatin qui ne s'exprime que par calembours ou paradoxes ? Compagnon de Rabelais, frère de Alfred Jarry et du douanier Rousseau, de neuf ans le cadet d'Alain Gerbault, Robert Tatin est un philosophe sans philosophie. Non un artiste peintre, mais un peintre de métier.
"Un conte Zen éclairera son attitude".
Une des plus hautes disciplines étant le jeu de l'arc, l'archer Zen s'entraîne durant de longues années pour atteindre la perfectlcn ds son art. Lorsque chacun de ses coups touche le mille, il lui reste une dernière étape à franchir. Les yeux bandés , il s'enferme dans une chambre obscure. II bande son arc et tire douze flèches dont aucune ne rate la cible.
Un sens mystérieux ou surhumain permet-il à l'archer Zen de percer les ténèbres ? Non. Le Maître a seulement compris qu'il n'y a pas de but et que le centre est partout.
" Pourquoi tant d'exercices et de méditations alors que, sans viser, tout débutant peut planter son trait entre le plafond et le plancher ? Pour une simple raison : iI faut une lente ascèse pour se détacher des habitudes mentales qui séparent la flèche de l'objectif. La cible, c'est la flèche autant que le tir. Nul but n'est fixé car chacun doit déterminer le sien. Sans oublier qu'il s'agit d'un jeu."
" Peut-être une farce..."
" Dans toutes ses quêtes, Tatin retrouve la même réponse : on n'atteint jamais le paradis, à moins qu'on ne le crée. Pour les uns, ce sera de fabriquer ses propres meubles, pour d'autres de s'associer à la mise au point d'une turbine nucléaire. Tatin, lui, a choisi de construire la Frénouse. II ne prétend pas que ses statues soient supérieures à celles de Rodin ou plus modernes que les mobiles de Calder. Dans se chambre obscure, avec sa truelle et son compas, iI montre seulement où se cache la vie"
- ↑ Robert Tatin tente de jeter un pont entre l'homme et l'homme, de marier le ciel et la terre. Sculpteur, peintre, céramiste, il peuple la vieille ferme de la Frênouse, à Cossé-le-Vivien, de statues polychromes qui figurent son aventure intérieure : c'est le domptage-de-la-bête; qui illustrent les grands pricipes vitaux : porte-du-soleil, porte-de-la-lune; qui dressent un ensemble monumental en l'honneur de tout le monde : c'est notre-dame-tout-le-monde. Depuis peu, la Frênouse est devenue musée. La place manque ? il prolonge son oeuvre par un chemin de statues qui rejoint la route et peut-être ira jusqu'à la mer. Ce livre de dessins et poésie tend un nouveau bras. Alain Barré.